« Un ouvrage de dames »
de Jean Claude Danaud

Un ouvrage de dames : une comédie noire entre rire et violence
Comédie noire aussi drôle que grinçante qui met en scène trois femmes confrontées, chacune à sa manière, à l’amour, à la violence et aux rapports entre les femmes et les hommes.

Un ouvrage de dames
une comédie noire entre humour et cruauté

Sophie, excédée par la violence de son mari Roger, finit par commettre l’irréparable : elle le décapite à l’aide d’un couteau électrique. Reste alors un problème très concret… que faire de la tête de son mari, qu’elle transporte désormais dans son cabas au milieu de ses courses quotidiennes ?

C’est alors qu’elle rencontre une veuve au caractère bien trempé, qui s’est autoproclamée véritable experte du veuvage. Celle-ci défend une philosophie pour le moins radicale et entend bien transformer la condition de veuve en croisade contre la perversité masculine.

Moyennant une rémunération substantielle — car ses conseils ne sont évidemment pas gratuits — elle propose à Sophie de l’aider à résoudre son encombrant « petit problème » grâce à un plan qu’elle affirme infaillible.

L’arrivée inattendue de Mademoiselle Petitpas

Mais cette mécanique soigneusement préparée se dérègle avec l’arrivée de Mademoiselle Petitpas, une jeune femme naïve venue leur confier son amour secret pour… Roger.

Une révélation qui bouleverse les plans des deux femmes et entraîne les trois personnages dans une succession de situations aussi absurdes que férocement drôles.

Entre humour noir, violence et sororité

Derrière son humour grinçant et ses situations volontairement excessives, Un ouvrage de dames aborde des thèmes beaucoup plus profonds : les violences faites aux femmes, la domination, la vengeance, mais aussi la solidarité et la sororité.

La pièce joue constamment avec les limites du rire. Elle interroge également les dérives de l’entraide lorsque les intérêts personnels et l’appât du gain viennent se mêler aux élans de solidarité.

Une mise en scène de Valérie Albanese

La mise en scène est signée Valérie Albanese, pour qui Un ouvrage de dames occupe une place particulière : il s’agit de la première pièce qu’elle a jouée, il y a vingt ans.

En retrouvant aujourd’hui ce texte comme metteuse en scène, elle choisit d’en souligner à la fois la dimension comique, la violence sous-jacente et la question de la sororité.

La mise en scène intègre notamment des séquences chorégraphiées inspirées des tics, des gestes répétitifs et des comportements compulsifs des personnages. Ces mouvements deviennent l’expression physique des blessures et des traumatismes qu’elles portent.

Un final comme une libération

Le spectacle s’achève par un final dansé, chorégraphié par Cécile Sol. Après la noirceur, l’absurde et la violence, la danse devient un espace de libération.

Une manière de terminer cette comédie noire sur une image collective, joyeuse et décalée, où les personnages semblent enfin reprendre possession de leur corps et de leur histoire.

Un ouvrage de dames devient ainsi, sous l’humour féroce de Jean-Claude Danaud, un spectacle où le rire côtoie le malaise et où la comédie permet aussi de questionner les violences faites aux femmes.

Pour en savoir plus sur le texte et son auteur, consultez la fiche proposée par Bibliothéâtre.

Affiche création ouvrage de dames

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